4 cordes + 2 mains + 1 jap = 3,00.108 notes.s-1
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26 mars 2006 dans Sur le Net | Lien permanent | Commentaires (2)
Le 24 Décembre 1966, veille de Noël, un avion McDonell Douglas F-4 Phantom délivre 7 tonnes de Napalm-A sur la bourgade champètre de Bondac, au Viêt-Nam. L’offensive est un succès.
À des kilomètres (22654 exactement), dans une autre petite bourgade champêtre (de l’Oregon cette fois-ci) , Mary, enceinte depuis 9 mois, sent que le moment vient. Toute la famille est présente et Peter, le père, fait les cent pas dans la cuisine en attendant LE geste. À 19h58 le geste arrive, à 19h59 la Chrysler C-Galaxy bleue garée devant démarre, pas de temps à perdre, la route est longue. Personne ne parle, même Tom le petit dernier à l’habitude si agité est calme, il a même mis sa ceinture sans qu’on le lui demande. L’oncle Rob se hasarde :
« Finalement, heureusement qu’on a pas mis la dinde à cuire ! »
Quelques regards s’échangent mais on sent que ce n’est pas le moment. À 21h02 les contractions s’accélèrent, Peter aussi. Le convoi passe l’embranchement de la 125 et de la 256, on n’entend que le bruit assourdissant et rond de la gomme chaude sur le bitume. La Chrysler roule maintenant sur la voie nationale 20, à quelques 115 Miles par heure. Dans le ciel, une étoile.
Il est 21h13, la voiture rentre dans la cour des Urgences de l’hôpital Saint-Marc. Les portes coulissantes s’ouvrent, la Chrysler est évacuée. Tous s’empressent autour de la mère pour l’aider à se déplacer. Peter seul en tête a déjà contacté les personnes qu’il faut, si bien que quand Mary fait son premier pas dans le hall une équipe d’hommes en blouse est prête à l’accueillir. Il est 21h16 quand ils l’emmènent au bloc des naissances.
Après des préparatifs interminables, la famille est invitée à la rejoindre. À 21h31 l’accouchement commence. Le petit Tom pleure parce qu’il ne comprend pas ce que sa mère fait là, allongé sur un lit à crier. Alors que le début se déroulait sans encombre, Mary soudainement pousse un cri déchirant. Il est 21h59. Les docteurs échangent leurs avis dans des paroles hermétiques. L’agitation s’intensifie ; au chevet du lit la tante Martha rassure Mary de sa voix lente, Tom pleure toujours mais Annie le console, l’oncle Rob semble avoir perdu son humour et crie littéralement sur les médecins, en les traitant « d’ incapables » et de « bons à rien ». Seul Peter en retrait reste parfaitement silencieux. Son visage est fermé, ses yeux sévères.
Les minutes passent… Il est 21h44. Tom ne pleure plus, il dort pour l’instant. Rob a été invité à quitter la pièce. Les médecins regagnent le contrôle, on n’entend que leurs voix et la respiration douloureuse de la mère. À tour de rôle les spectateurs glisse leur contribution. « Tu es très courageuse » entend-on. Peter n’a pas bougé, pas d’un millimètre, ses yeux balayant la pièce mécaniquement.
Un heure passe… Il est maintenant 22h51 et la pièce nage à nouveau dans l’affairement. Le petit Tom réveillé par l’agitation pleure à nouveau, Mary déchire l’air par des cris d’une violence rare. L’échéance approche, tout le monde le sent. La température a pris quelque degrès, Peter regarde sa montre : 22h58. Soudain un cri plus fort que les autres, les médecins relayent « On le voit ! Continuez, poussez, poussez !! ». Quelque chose d’étrange se produit alors : les gens se taisent. En un instant le silence se fait, comme si l’air avait disparu, que le temps s’était arrêté. Tous indépendamment ils la sentent, cette impression bizarre, cette impression que le monde change sous leurs yeux.
Il est 23h44, les pleurs ont repris, les cris aussi. Mary pousse, elle gémit. Son souffle est chaud, rempli de vie. Les médecins la dirigent à travers l’ultime effort, il lui faut se battre, tout donner ; la fin est proche, le début l’est plus encore. Tous dans la pièce participent à l’effort, comme si leurs rondes leurs mots leurs pleurs ou leurs hurlements s’unifiaient pour donner à Mary l’énergie. Peter regarde sa montre, il est 23h53. Dans son coin il sourit vaguement. Les médecins intensifient leurs paroles, tout dans la pièce blanche prend une ampleur chaotique et surpuissante. Soudain, un cri, si puissant qu’il fait taire tous les autres, un cri qui dure, un cri brouillon et brut qui porte à lui seul une vie. Puis le silence. Puis des pleurs, fatigués et angéliques. C’est le nouveau-né, il est là. Rob, Tom, Annie, Martha,… Ils pleurent tous mais pas de tristesse ou alors d’une tristesse nouvelle, qui vient d’ailleurs. Le monde a changé, quelque chose d’étrange s’est produit, quelque chose de plus. Même les médecins le sentent, une émotion inattendue les frappe. L’un d’eux reprend ses esprits :
« C’est un garçon ! »
Mary éclate de sanglots de joie. Ils apportent l’enfant dans ses bras, elle pose son regard sur lui. Un petit ange blond…Peter s’approche, Mary lève la tête pour le voir.
« Merci… » lui dit-elle.
« Comment allez-vous l’appelez, M. Bauer ? » demande un médecin.
L’audience retient sa respiration dans un silence de plomb, tous les regards sont sur Peter qui, calmement, prend son souffle et dit :
«Jack. Il s’appellera Jack.»
Il est 00h00, nous sommes le 25 Décembre.
24 mars 2006 dans Miscellaneous | Lien permanent | Commentaires (1)
Voilà, en cette fin de dimanche morose comme un poisson mort je mets en ligne une sélection de photos de la soirée d'Arnaud en l'honneur de ses 18 ans. Elle était où cette putain dsoirée en fait?
Adieu et à plus tard.
26 février 2006 dans C2H6O | Lien permanent | Commentaires (0)
Tradendo électrique.
Break. Riff. Basse.
La voix prévient… :
« Anticipation has a habit to set you up
For disappointement in evening enternainment but… »
Mais la foule vibre déjà comme un oscillateur à quartz traversé par du 3,4 Volts (elle vibre sa race). Chargé d’une mission primordiale, mon 7.1 mégapixels perce par le flanc gauche selon un plan pré-établi et trouve sa place au devant de la foule, laissant sur son passage quelques blessés légers. Confortablement installé contre la barre, l’appareil fait son job comme les Monkeys font le leur. Les jeunes groupies secouent la tête au rythme de ces premières salves électriques plaquées par ce jukebox de chair et d’os. C’est propre, c’est net, c’est sans appel : en 4 minutes les primates surgelés ont conquéri Paris. Seulement voilà, mon appareil est là ; il scrute les visages, observe les attitudes et délivre son rapport : visiblement, Paris n’a pas encore conquis les singes. Et il y a des signes qui ne trompent pas…
Quand un bassiste garde son manteau, s’en est un.
Quand un chanteur préfère sa bouteille au micro, un autre.
Las de constater, mon Ixus 750 retrouve sa pochette et moi, je retrouve la fosse masochiste, celle qui vit, celle qui vibre, celle qui chante, celle qui crie aussi, celle qui prend cher. Et là je m’apercois que, plus que tout autre pit, le pit des Monkeys c’est la jungle, on y trouve toutes sortes de singes, du petit ouistiti en baskets au gorille dans la brume, et pourtant tous sont là pour la même chose, pour leur plaisir et celui des autres, et celui du groupe. Le gros gorille fait décoller le ouisiti pour le slam de sa vie, et les chimp dansent en tapant le sol du pied.
En face les manteaux tombent, les langues se délient ; les jeunes anglais sans pitié font péter leurs pépites au public palpité. Un concert des Arctic Monkeys, c’est un climax constant, un sommet permanent, qui débarque qui casse tout et qui repart, presque aussi vite qu’à l’arrivée.
Après un incendie d’une heure, les singes quittent la scène. Le public hurle, le pit crie en chœur « ARCTIC ! ARCTIC ! ARCTIC ! ». Mais les zouaves ne reviendront pas… Les lumières se rallument, et le public qui, pendant une heure avait quitté la civilisation, reprend connaissance. Le traumatisme du départ est lourd, et les esprits se braquent. Cà et là on entend :
-Alors ?
-Sérieux je suis déçu, pas de rappel… Déçu…
Mais on a ce petit sentiment que les Monkeys l’ont fait exprès. Une petite frustration bien sentie pour faire reculer les hordes de fans, un de leurs nombreux petits pieds-de-nez au succés. De toute façon leur discothèque est loin d’être inépuisable. Et puis on ne peut pas dire… la voix avait prévenu dès les premières paroles :
Sacrés singes…
26 février 2006 | Lien permanent | Commentaires (0)
Et je jette un pavé dans les mare des octets moisissant sur ce blog, et je dirais même 103 pavés, 103 photos irrégulières à l'image de notre séjour aux Menuires, capitale des Tougnes et de David Douillet. J'attends les réponses des gens présents, l'avis des autres...
A+ les tougnes.
15 février 2006 | Lien permanent | Commentaires (4)
Au risque de vous déplaire c’est à nouveau dans un épisode biographique que je me lance…
Un matin de 1995, un franco-iranien barbu boit, sans passion, son café Jacques Vabre dégueu en se jurant qu’à la fin du paquet il passera à une autre marque. Il feuillette les pages Monde du journal du même nom, parcourt en diagonale la rubrique Politique, jette un coup d’œil rapide au Tiercé de José Covez et enfin, enfin… il passe au bout de fibre cellulosique végétal qui pour lui compte plus qu’un lingot : les Petites Annonces.
Ses poches sont vides, son banquier l’appelle trois fois par jour mais quand même, 90 plaques pour une Morgan d’occasion c’est donné. Sans parler de Michel qui vend un four combiné grille-pain et micro-ondes à chaleur tournante. Il se demande aussi qu’est ce que c’est finalement que la chaleur tournante… De toute façon il y a pas de prix affichés et ça, c’est mauvais.
Le téléphone sonne, sûrement Claude pour la partie de belotte. Il décroche, la tête encore sur sa Morgan…
-Salut ma couille !
-C’est pas votre couille c’est votre banquier.
-M. Bernard ! Comment va Pauline?
-Ma femme va bien. Comment vont vos finances ?
-Ma femme va bien aussi, inch’allah labess comme on dit chez moi.
-Et vos finances ?
-Ah bah mes finances haha ! Bah vous savez bien vous êtes mon banquier quand même !
-Vous voulez un prêt pour acheter une Morgan m’a ton dit … ?
-Une Morgan, oui. Une voiture hein ! Pas une fille haha !
-Bien entendu…
-Bien entendu ! Oh mais vous êtes perspicace vous !
-Vous avez besoin de combien ?
-Bagatelle ! 90 plaques, pas plus.
-90 000 francs !
-Ouais ! C’est donné nan ??
-Mais attendez M. Omidyar, vous n’avez pas touché d’argent depuis 7 mois… Vous avez des projets professionnels ?
-Ah bah des projets professionnels ça oui, j’en ai, puis des biens en plus.
-… je vous écoute…
-Vous avez quand même pas cru que j’allais tout vous déballer comme ça ! Non, non, il faut attendre M. Bernard, être patient.
-La Morgan aussi attendra.
-Haha, bien joué, c’est joliment fait, chapeau bas !
Il avait raccroché ; Pierre était dépité. Pierre était dépité, et en plus d’être dégueu son café était maintenant froid. Il aurait dû être plus ferme ! Il aurait dû se montrer plus clair, «Pauline je la tringle ! », dire quelque chose comme ça.
Le téléphone resonne.
-Allô ?
-Ma couiiiiiille !!! Alors cette belotte on se la fait ?
-Pas maintenant Claude…
-Bah quoi, tu vas bientôt avoir une Morgan ! Faut pas faire la gueule !
-Figure toi que Bernard veut pas me lâcher le crédit.
-Le chien…
-Il dit qu’il faut que j’ai un « projet professionnel », que j’ai des rentrées d’argents.
-Baisse pas les bras, eh, Pierre, je t’ai connu plus conquérant ! Tu te souviens la fois à l’école où Marc avait dit que le condensateur de l’alim était baisé et toi tu l’avais réparé !
-Ca a rien à voir Claude…
-Mais si ! Rooh puis moi je dis ça pour te remonter le moral, m’envoie pas chier !
-Je suis désolé mais je préfère resté seul aujourd’hui ; un autre jour la belotte ?
-Pffff… Ouais… Ciao
Il avait raccroché ; Pierre était dépité. Il était dépité et son café, en plus d’être dégueu et froid, se trouvait maintenant renversé sur toute sa table, transformant la page des Petites Annonces en une marre d’encre et de papier mâché.
-Vilain chat Baybay !! Vilain chat !!
Pfff, c’était fini, maintenant il n’avait même plus le numéro. C’est alors qu’une idée venu tout droit du New-York Stock Exchange lui frappa la gueule avec une violence rare. Son œil droit fit un tour sur lui-même, sa barbe changea de couleur, ses cordes vocales s’agitaient comme des frites dans l’huile. Il prit ses jambes à son coup et le fit littéralement.
Quelques heures plus tard, Pierre Omidyar devant le timide guichettier de la chambre de commerce arborait un sourire qu’il ne quitterait plus jamais :
-Et comment vous voudriez l’appeler ?
-Je vais appeler ça........... BAYBAY !
-Baybay ? Mais c’est naze.
-Ah bon bah quoi alors ?
-Pourquoi pas….. BAYBAY !!
-Vous vous foutez de ma gueule… ?
-Quoi ?
-Appelons-le… eBay !!
C’était la voix de Claude.
-Claude !! T’es venu !
-eBay aussi c’est nase, moi je vous conseillerais plutôt…
-Ta gueule, c’est eBay, point barre.
-Tu veux dire point com !
Et ils rirent tous en cœur.
* * * * *
10 ans plus tard, Pierre possède 114 Morgan. Et il a aussi tringlé Pauline de temps à autre.
Et moi je le maudis, je maudis son chat, je maudis sa barbe, je maudis Jacques Vabre, je maudis même sa mère !
Il me reste plus que 20h, plus que 20h avant d’acheter mon viol. 120 euros 2 places de concert pour un groupe sans album, d’autres se sont pendus pour moins que ça.
Mais c’est mon destin; c’était mon destin de passer à côté des places pendant deux semaines, mon destin de sauter la page 49 des Inrocks, mon destin de lire enfin COMPLET en lettres rouges sang sur la page du Trabendo. Mon destin d’acheter ses places…
Le 24 Février au soir je serai au Trabendo, ou Pierre Omidyar n’est pas le plus gros vendeurs de frustration du monde.
21 janvier 2006 dans Miscellaneous | Lien permanent | Commentaires (3)
Un jour, dans sa petite chambre d'adolescent endurci, Newton lisait un bouquin "d'exercices isométriques" en écoutant sa soeur récitait du Plutarque, d'une oreille plus que distraite. Cette dernière, qui se tuait pourtant à mettre le ton, jeta sur son frère une pomme qu'elle avait eut bon goût d'avoir dans la poche. Se recevant le végétal en pleine tête, Newton considéra un instant écraser la juteuse orbe dans celle de sa soeur, ou bien de formuler une théorie mécanique universelle. Il choisit comme on sait, la première option.
Ça n'est que bien plus tard qu'assis sous un arbre avec ce même fichu bouquin "d'exercices isométriques" ("particulièrement coriaces ces fils de putes" aurait t’il écrit), que le pauvre Isaac vint à nouveau à faire les frais de son physique attractif. Sa sœur Sophie étant morte il y bien longtemps, la thèse de l’attentat s’écartait d’elle-même. Mais alors qu’est donc ce qui animait les pommes ? L’éminent cartésien déclara donc que les pommes étaient, par nature et dans tout l’univers, attirés par les hommes.
Finalement, Newton, il était un peu con.
Amusez-vous bien avec ce court, ne faites pas attention au reste.
10 janvier 2006 dans Short | Lien permanent | Commentaires (1)
Jeunes, fous… Nous l’étions.
En ce 19 Nivôse de l'an 214, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent à part du David Pujadas en costard H&M (je l’ai casé !) ; j’ai donc décidé de rééditer un petit court de ya longtemps.
Une œuvre de jeunesse (la 2nde c’est loin) de la Team ; le bien connu Kekla ! La seule consigne : faire abstraction des erreurs techniques (regards caméras, mauvais clip au montage, remasterisation sur produit fini, vilaine résolution, contre-jours façon Sunset Boulevard).
Enjoy_
08 janvier 2006 dans Short | Lien permanent | Commentaires (2)
Voilà, j'ai posté l'album de la soirée d'Antoine le 31 et ce poste qui va avec, le "droit de réponse" de toutes celles ou ceux qui se seront sentis trahis/offusqués ou qui ont tout simplement leur mot à dire...
A bientôt!
08 janvier 2006 dans C2H6O | Lien permanent | Commentaires (1)
Ce soir, une seconde additionnelle sera intercalée à précisément 23:59:60 pour ajuster le Temps Universel Coordonnée (mesurée par horloge atomique) au Temps astronomique qui dépend, lui, de la position Terre-Lune-Soleil. La dernière minute de 2005 durera donc 61 secondes…
« Euh… et alors ? ». Alors quand tout le monde en choeur hurlera, comme s’il n’y avait pas de lendemain, « BOOONNE ANNÉE !!! », et bien tout le monde se sera époumoné en vain, et en retard... Eh oui, si nous ignorons qu’Andy Warhol ait eu tort ou raison d’affirmer que dans le futur tous les hommes auront ¼ d’heure de gloire, nous pouvons au moins être sûr qu’ils auront tous 1 seconde de honte ; mais une honte universelle. L’ultime vanne d’une année qui, décidemment, se sera bien foutue de notre gueule…
08 janvier 2006 dans Miscellaneous | Lien permanent | Commentaires (0)